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Non, plus pour des raisons fiscales. Le régime légal des organismes de gestion agréés a été supprimé le 16 février 2025 : l’agrément n’a plus d’effet, les missions légales ont disparu, et la réduction d’impôt de l’article 199 quater B ne s’applique plus depuis l’imposition des revenus 2025. Une adhésion peut encore se justifier par un service rendu, jamais par un avantage fiscal. La question devient donc comptable, pas fiscale.
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ToggleEn bref
- Le régime des OGA prévu aux articles 1649 quater C à 1649 quater O du code général des impôts est supprimé depuis le 16 février 2025, par l’article 11, 6° de la loi de finances pour 2025.
- Les agréments en cours restent des actes créateurs de droits jusqu’à leur terme, mais ne produisent plus d’effet juridique sur ce fondement depuis cette date.
- La réduction d’impôt pour frais de comptabilité et d’adhésion s’applique une dernière fois aux exercices clos au plus tard le 31 décembre 2024 ; elle est supprimée à compter de l’imposition des revenus 2025.
- L’avantage de non-majoration du bénéfice imposable attaché à l’adhésion s’appliquait, lui, jusqu’aux revenus au titre de 2022.
- Les structures peuvent continuer d’exister sous forme associative, en GIE ou en société coopérative, mais sans mission fiscale.
- Votre déclaration 2035 et vos obligations comptables, elles, n’ont pas changé.
Ce que la loi a réellement supprimé, et depuis quand
Le commentaire administratif est explicite. Le BOI-BNC-DECLA-10, dans sa version du 18 juin 2025, ouvre la division consacrée à la déclaration contrôlée par cette remarque : le régime des organismes de gestion agréés prévu de l’article 1649 quater C à l’article 1649 quater O du CGI, « notamment, celui des associations agréées auxquelles les membres des professions libérales et les titulaires des charges et offices pouvaient adhérer a été supprimé, à compter du 16 février 2025 », par le 6° de l’article 11 de la loi n° 2025-127 du 14 février 2025.
Trois éléments disparaissent ensemble : le dispositif d’agrément délivré par la DGFiP, les missions légales confiées à ces organismes, et les effets fiscaux attachés à l’adhésion. Pour un cabinet libéral, cela déplace la question vers le choix de son accompagnement comptable au quotidien.
Un agrément qui survit sans produire d’effet
La situation des agréments déjà délivrés mérite d’être lue précisément, parce qu’elle prête à confusion. La FAQ publiée par la DGFiP sur cette suppression répond que les agréments accordés sur le fondement des articles 1649 quater C et suivants « constituent des actes individuels créateurs de droits, qui demeurent en vigueur jusqu’à leur terme ». La phrase suivante en retire toute portée pratique : « l’abrogation de l’intégralité du régime de ces OGA implique que les agréments ne peuvent plus produire d’effet juridique sur cette base depuis le 16 février 2025 ».
Autrement dit, un organisme peut légitimement afficher un agrément non expiré. Cela ne signifie plus qu’une adhésion chez lui vous ouvre un droit fiscal.
Le renouvellement, lui, n’existe plus : la même FAQ indique que « les demandes en cours ou à venir de renouvellement d’agrément sont sans objet », les organismes concernés étant informés par courrier.
Le chapitre doctrinal a disparu
Un signal discret confirme la portée de la réforme. La division BOI-BNC-DECLA-10 ne comporte plus que trois chapitres : champ d’application, obligations comptables, obligations déclaratives. Le chapitre qui était consacré aux organismes agréés, le BOI-BNC-DECLA-10-40, n’est plus consultable qu’en archive, via l’onglet des versions publiées.
Quand l’administration retire un chapitre de sa doctrine plutôt que de le mettre à jour, c’est que le sujet ne relève plus du droit applicable.
Les deux avantages fiscaux, et la date exacte à laquelle chacun s’est éteint
C’est le point qui provoque le plus d’erreurs, parce que les deux avantages historiques ne se sont pas éteints en même temps. Beaucoup de praticiens raisonnent encore avec un calendrier unique.
| Avantage attaché à l’adhésion | Dernière application | Source |
|---|---|---|
| Non-majoration du bénéfice imposable | Revenus au titre de 2022 | FAQ DGFiP sur la suppression des OGA |
| Réduction d’impôt pour frais de comptabilité et d’adhésion (art. 199 quater B du CGI) | Exercices clos au plus tard le 31 décembre 2024 | FAQ DGFiP, réponse à la question 5 |
Sur le second point, la formulation officielle ne laisse pas de marge : « La réduction d’impôt pour frais de comptabilité et d’adhésion à un OGA s’applique au titre des exercices clôturés au plus tard le 31 décembre 2024. À compter de l’imposition des revenus au titre de 2025, la réduction d’impôt est supprimée. »
Sur le premier, la source atteste la borne — l’avantage jouait « jusqu’aux revenus au titre de 2022 » — sans détailler la mécanique d’extinction. Nous ne la détaillons donc pas ici : si vous devez reconstituer une situation antérieure à 2023, faites-la vérifier sur le texte applicable à l’année concernée plutôt que sur un article de synthèse.
L’avis de l’expert
Le risque concret, cette année, n’est pas de payer une cotisation devenue inutile. Il est de conserver dans un dossier une ligne de réduction d’impôt qui n’existe plus.
Si votre exercice est clos le 31 décembre 2025, la réduction d’impôt de l’article 199 quater B ne s’applique pas. Un logiciel paramétré il y a deux ans, un modèle de dossier repris d’un exercice antérieur ou une simple habitude de saisie peuvent la faire réapparaître mécaniquement. Nous voyons régulièrement des reports de paramétrage survivre à un changement de règle : le contrôle se fait avant le dépôt, pas après.
Vérifiez également ce que vous conservez : les documents d’adhésion doivent être gardés six ans, en application de l’article L. 102 B du livre des procédures fiscales. Une adhésion passée reste parfaitement justifiable ; ce sont ses effets fiscaux qui ont cessé, pas sa réalité.
— Figital Expertise, cabinet d’expertise comptable inscrit à l’Ordre, Paris 17e
Ce que deviennent les organismes, et ce qu’ils peuvent encore vous vendre
La suppression du régime ne dissout pas les structures. La FAQ précise qu’elles peuvent « réaliser sous la forme associative d’autres activités en modifiant leurs statuts et leur objet social », ou se transformer en groupement d’intérêt économique ou en société coopérative.
Un ancien OGA peut donc continuer d’exister et de facturer. Ce qu’il ne peut plus faire, c’est adosser son offre à une mission légale : elle n’existe plus. Une prestation qu’il vous propose aujourd’hui est une prestation de marché ordinaire, à comparer comme telle.
C’est précisément ce qui rend la lecture des communications actuelles difficile. Un organisme qui vit de ses adhésions n’a pas d’intérêt à mettre en avant que l’adhésion n’ouvre plus aucun droit fiscal. Lisez ce qui est promis plutôt que ce qui est suggéré : un contrôle de cohérence, un examen de conformité fiscale, un accompagnement déclaratif sont des services réels, qui ont un prix et une valeur. Mais leur valeur ne se mesure plus en avantage fiscal.
Comment décider, maintenant que le critère fiscal a disparu
Tant qu’un avantage fiscal existait, l’arbitrage était simple : le gain compensait souvent la cotisation. Ce raisonnement est caduc. Il faut donc comparer un coût à un service, comme pour n’importe quelle dépense du cabinet.
Poser d’abord la question du besoin réel
Trois situations recouvrent la grande majorité des cas.
Votre comptabilité est déjà tenue par un professionnel. La question se réduit à un doublon : que fait l’organisme que votre expert-comptable ne fait pas ? Si la réponse tient en une attestation qui n’ouvre plus de droit, l’adhésion n’a plus d’objet.
Vous tenez votre comptabilité seul, en déclaration contrôlée. L’enjeu est le contrôle de cohérence avant dépôt et la sécurisation de la 2035. Un organisme peut le rendre. Un expert-comptable aussi, avec un périmètre de responsabilité différent. Comparez le contenu écrit des deux prestations, pas leur intitulé.
Vous êtes en micro-BNC. Vous n’avez ni bilan, ni 2035, ni comptabilité d’engagement à produire. Le besoin est faible par construction. La vraie question de l’année n’est pas l’adhésion, c’est de savoir si le micro reste le bon régime : le seuil du micro-BNC est fixé à 83 600 € et s’applique sur la période du 1er janvier 2026 au 31 décembre 2028, à la suite de la révision triennale intervenue au 1er janvier 2026.
Une grille de décision en quatre questions
À passer dans l’ordre, avant de reconduire ou de résilier quoi que ce soit.
- Quelle prestation figure noir sur blanc dans le contrat ? Si le document décrit surtout un statut et peu de livrables, c’est un signal.
- Cette prestation est-elle déjà couverte ailleurs ? Additionnez ce que vous payez à votre cabinet, à votre logiciel et à l’organisme. Les recoupements sont fréquents.
- Qui répond en cas de contrôle ? Un accompagnement sans engagement de responsabilité n’a pas la même valeur qu’une mission contractuelle.
- Le coût annuel se justifie-t-il à service constant ? Sans avantage fiscal, la cotisation est une charge nette, déductible mais non compensée.
Si les quatre réponses ne construisent pas une valeur claire, l’adhésion n’a plus de fondement, ni fiscal, ni économique.
L’avis de l’expert
La question que nous entendons le plus souvent n’est pas « faut-il résilier ? », c’est « est-ce que je risque quelque chose en résiliant ? ». La réponse tient en une phrase : l’adhésion n’ouvrant plus aucun droit fiscal, la résilier ne vous fait perdre aucun droit fiscal.
Ce qu’elle peut vous faire perdre, en revanche, c’est un regard extérieur sur vos déclarations. Si ce regard existait réellement et vous servait, organisez-le autrement avant de partir. S’il se limitait à une attestation annuelle, vous ne perdez rien.
— Figital Expertise, cabinet d’expertise comptable inscrit à l’Ordre, Paris 17e
Ce qui n’a pas changé, et qu’il ne faut pas relâcher
La suppression du régime des OGA ne modifie ni vos obligations comptables, ni vos obligations déclaratives. La division BOI-BNC-DECLA-10 continue de traiter le champ d’application de la déclaration contrôlée, les obligations comptables et les obligations déclaratives : ces trois chapitres sont intacts.
Concrètement, si vous relevez de la déclaration contrôlée, vous devez toujours tenir un livre-journal des recettes et des dépenses, un registre des immobilisations et des amortissements, et déposer votre déclaration 2035 dans les délais. Ce que vous perdez, c’est un intermédiaire optionnel et un avantage fiscal, pas un allègement d’obligations. Et ce calendrier-là est indépendant de celui de la réforme de la facturation électronique, qui suit ses propres échéances.
C’est la confusion la plus coûteuse que nous rencontrons : croire qu’en quittant un organisme on se simplifie la vie. C’est l’inverse : on retire un filet de contrôle sans retirer une seule obligation.
Questions fréquentes
Mon organisme affiche encore son agrément : est-ce une erreur de sa part ?
Pas nécessairement. Les agréments délivrés avant le 16 février 2025 demeurent en vigueur jusqu’à leur terme en tant qu’actes créateurs de droits. Mais ils ne produisent plus d’effet juridique sur le fondement des articles abrogés. L’affichage peut donc être exact et sans portée pratique.
J’ai clos mon exercice le 31 décembre 2024 : ai-je droit à la réduction d’impôt ?
Oui. La FAQ officielle indique que la réduction d’impôt s’applique au titre des exercices clôturés au plus tard le 31 décembre 2024. C’est à compter de l’imposition des revenus au titre de 2025 qu’elle est supprimée.
Dois-je résilier mon adhésion immédiatement ?
Rien ne vous y oblige. Une adhésion reste un contrat de service licite. Examinez simplement ce qu’il vous apporte réellement, en gardant à l’esprit que sa contrepartie fiscale n’existe plus. Un préavis contractuel peut par ailleurs s’appliquer.
Est-ce que quitter un organisme augmente le risque de contrôle ?
Aucune source officielle ne l’affirme, et nous ne l’affirmons pas. Ce qui change, en revanche, c’est que vous perdez un regard extérieur sur vos déclarations si vous n’en organisez pas un autre.
Que deviennent les documents que l’organisme détient sur moi ?
Les documents relatifs à l’adhésion doivent être conservés six ans, en application de l’article L. 102 B du livre des procédures fiscales. En cas de dissolution, la structure doit délivrer aux adhérents l’attestation prévue par l’article 371 L de l’annexe II au CGI et leur restituer les éléments de dossier les concernant, ou les détruire dans des conditions respectant le secret professionnel.
Un ancien OGA peut-il continuer à me proposer un examen de conformité fiscale ?
Les structures peuvent poursuivre une activité sous forme associative, en GIE ou en société coopérative. Elles interviennent alors comme n’importe quel prestataire, sans la mission légale qui existait auparavant. Faites préciser par écrit le périmètre exact et le régime de responsabilité.
Je suis en micro-BNC : suis-je concerné ?
Marginalement. Le micro-BNC n’impose ni comptabilité d’engagement ni déclaration 2035, donc l’intérêt d’une adhésion y était déjà limité. La question utile pour vous cette année porte plutôt sur le régime lui-même : le seuil du micro-BNC est de 83 600 € pour la période allant du 1er janvier 2026 au 31 décembre 2028.
Faire le point avant la clôture
La disparition du régime des OGA supprime un réflexe, pas une obligation. Si vous reconduisez une adhésion cette année, faites-le parce que la prestation vous est utile, et après avoir vérifié qu’elle ne fait pas doublon avec ce que vous payez déjà.
Si vous préférez qu’un professionnel reprenne ce contrôle dans un cadre contractuel clair, nous pouvons examiner votre situation et vous dire précisément ce qui est couvert, ce qui ne l’est pas et à quel coût.
Vous préférez faire trancher votre cas ? Faire examiner votre situation.
Sources officielles consultées
Informations vérifiées le 25 août 2026.
- BOFiP-Impôts, BOI-BNC-DECLA-10, régime de la déclaration contrôlée, version du 18 juin 2025 — suppression du régime des OGA à compter du 16 février 2025.
- Loi n° 2025-127 du 14 février 2025 de finances pour 2025, article 11, 6°.
- Code général des impôts, articles 1649 quater C à 1649 quater O (abrogés) et article 199 quater B.
- DGFiP, « Suppression du dispositif d’agrément des organismes de gestion agréés — Foire aux questions », questions 1, 2, 5, 9 et 17.
- impots.gouv.fr, actualité « Organismes de gestion agréés (OGA) — abrogation des dispositions relatives à l’agrément et aux missions légales », publiée le 1er avril 2025, modifiée le 12 mai 2025.
- Livre des procédures fiscales, article L. 102 B ; annexe II au CGI, article 371 L.
- BOFiP-Impôts, actualité du 19 août 2026 relative à l’actualisation des seuils des régimes d’imposition, renvoyant au BOI-BAREME-000044 — seuils applicables du 1er janvier 2026 au 31 décembre 2028.
Cet article décrit l’état du droit à sa date de vérification. Il ne remplace pas l’examen de votre situation, qui dépend de votre régime, de votre date de clôture et de vos contrats en cours.





