Choisissez un expert-comptable capable de partir de vos flux réels — consultations, institutions, ateliers, location ou partage de cabinet — avant de parler de régime fiscal. Exigez une lettre de mission précise, un interlocuteur identifié, un calendrier, des livrables compréhensibles et une méthode qui n’expose aucune donnée clinique. La spécialisation se vérifie dans les questions posées et les contrôles proposés, pas dans une promesse commerciale.
En bref
– Décrivez séparément consultations thérapeutiques, interventions en institution, formations et autres recettes.
– Comparez les cabinets sur un périmètre identique, avec livrables, délais et responsabilités écrits.
– Vérifiez le régime BNC et le traitement de la TVA à partir de votre situation, jamais du seul intitulé « psychologue ».
– Ne transmettez au cabinet comptable que les données administratives strictement nécessaires.
– Testez la qualité du suivi avec un cas anonymisé avant de signer.
Commencer par votre modèle d’exercice, pas par un forfait

Deux psychologues qui réalisent le même chiffre d’affaires peuvent avoir des besoins comptables très différents. Le premier reçoit uniquement des patients dans un cabinet loué. Le second partage ses locaux, intervient dans une entreprise, anime des formations et conserve une activité salariée. Un devis établi sans cette cartographie risque d’omettre des contrôles, puis de facturer chaque difficulté comme un travail exceptionnel.
Pour préparer un premier échange utile, dressez une liste des flux de l’année :
- honoraires réglés directement par des patients ;
- sommes versées par un établissement, une association ou une entreprise ;
- ateliers, conférences, formations ou expertises ;
- remboursements de frais, rétrocessions ou partage de dépenses ;
- acquisition de mobilier, travaux, logiciel et dépôt de garantie ;
- activité salariée ou autre activité indépendante exercée en parallèle.
Le but n’est pas de qualifier seul chaque ligne. Il est de donner au cabinet les faits et les contrats nécessaires pour qu’il distingue les opérations, identifie les questions à traiter et formule, si besoin, une recommandation séparée.
Vérifier que le cabinet comprend les BNC du psychologue
Les bénéfices des professions libérales relèvent en principe des bénéfices non commerciaux selon l’article 92 du code général des impôts. Cette qualification générale ne suffit toutefois pas à choisir entre micro-BNC et déclaration contrôlée, ni à traiter une structure ou une activité accessoire.
À la date de vérification du 24 août 2026, l’article 102 ter du CGI fixe le seuil du régime micro-BNC à 83 600 € de recettes hors taxes pour l’année civile précédente ou la pénultième année, sous réserve des règles d’ajustement et d’exclusion prévues par le texte. Le bénéfice imposable y est calculé après un abattement forfaitaire de 34 %, avec un minimum de 305 €. Le contribuable peut aussi opter pour la déclaration contrôlée dans les conditions prévues par cet article.
Ces données ne transforment pas le choix de régime en comparaison mécanique. L’abattement micro-BNC n’est pas la somme de vos charges réelles. Une décision sérieuse rapproche au minimum :
- les recettes retenues par le texte et leur évolution prévisible ;
- les dépenses professionnelles documentées ;
- les investissements et leurs modalités de prise en compte ;
- la simplicité administrative recherchée ;
- les conséquences fiscales et sociales à chiffrer sur votre dossier.
Si le psychologue relève de la déclaration contrôlée, la déclaration 2035-SD et sa liasse concernent les revenus non commerciaux correspondants. Le millésime 2026 publié par l’administration confirme ce périmètre. Un bon cabinet doit donc expliquer ce qu’il prépare, ce qui reste à votre charge, quelles pièces alimentent la déclaration et quand les contrôles auront lieu. Pour situer cette mission dans l’ensemble de votre activité, consultez aussi l’accompagnement comptable des professions libérales.
Distinguer les actes de soin et les autres prestations pour la TVA
Le traitement de la TVA mérite une question explicite dès que l’activité ne se limite pas à des consultations thérapeutiques. La doctrine fiscale applicable aux psychologues prévoit l’exonération des soins dispensés par les praticiens autorisés à faire légalement usage du titre de psychologue ou de psychothérapeute. Elle précise que le praticien ne peut prétendre à cette exonération qu’à compter de la confirmation de son inscription par l’autorité compétente.
L’exonération des soins ne permet pas de ranger automatiquement toutes les recettes sous une seule règle. La doctrine réserve l’exonération aux prestations de soins à finalité thérapeutique, c’est-à-dire celles destinées à prévenir, diagnostiquer ou soigner. Une formation, une intervention de conseil, une conférence ou une prestation destinée à une organisation doit donc être décrite par son contrat, son bénéficiaire et son objet avant conclusion.
Le bon réflexe consiste à établir un tableau des activités plutôt qu’à demander « les psychologues sont-ils exonérés ? » :
| Flux | Document à présenter | Question à faire trancher |
|---|---|---|
| Consultation individuelle | facture ou justificatif administratif anonymisé | acte de soin et conditions d’exonération réunies ? |
| Intervention en institution | convention et description de la prestation | bénéficiaire, objet et finalité de l’intervention ? |
| Formation | programme, contrat et facture | prestation distincte soumise à quel traitement ? |
| Atelier collectif | convention et contenu non clinique | soin, prévention, formation ou autre service ? |
| Location ou partage du cabinet | bail et convention de frais | simple remboursement, sous-location ou autre flux ? |
Ce classement doit intervenir avant la déclaration et avant la fixation des prix. S’il existe plusieurs natures de recettes, le cabinet doit expliquer comment les suivre séparément, quelles pièces conserver et à quel moment une analyse fiscale individualisée devient nécessaire.
Comparer huit critères vérifiables avant de signer
Un entretien agréable ne remplace pas une proposition contrôlable. Utilisez la même grille pour chaque cabinet et demandez une réponse écrite lorsque le périmètre reste ambigu.
| Critère | Question à poser | Preuve attendue |
|---|---|---|
| 1. Périmètre BNC | Qui contrôle les recettes, les dépenses et les immobilisations ? | répartition des tâches dans la lettre de mission |
| 2. Activités mixtes | Comment séparez-vous soins, institutions et prestations annexes ? | plan de collecte ou exemple de grille anonymisée |
| 3. Calendrier | Quand les pièces sont-elles revues et les anomalies signalées ? | échéancier mensuel, trimestriel et annuel |
| 4. Interlocuteur | Qui répond, qui révise et qui tranche une question technique ? | noms, rôles et délai de réponse annoncé |
| 5. Livrables | Que recevrai-je pour piloter le cabinet ? | exemple de tableau de bord et compte rendu |
| 6. Confidentialité | Quelles données refusez-vous de recevoir et par quel canal échangeons-nous ? | procédure d’accès, de dépôt et de révocation |
| 7. Honoraires | Quels travaux sont inclus ou facturés en supplément ? | grille tarifaire et définition des travaux exceptionnels |
| 8. Réversibilité | Comment récupérer les données et changer de cabinet ? | clause de fin de mission et format de restitution |
1. Un périmètre de mission sans zone grise
La lettre de mission est le contrat entre l’expert-comptable et son client. La FAQ du Conseil national de l’Ordre indique qu’elle décrit la mission et son prix ; les publications régionales de l’Ordre rappellent qu’elle fixe aussi les prestations, les responsabilités, les délais et les modalités d’exécution.
Lisez particulièrement le tableau de répartition des tâches. Qui classe les pièces ? Qui rapproche les encaissements ? Qui tient le registre des immobilisations ? Qui prépare la 2035 lorsqu’elle s’applique ? Qui effectue les déclarations sociales prévues au contrat ? Une formulation comme « accompagnement complet » n’a de valeur que si ces opérations sont nommées.
2. Une méthode adaptée aux flux réellement rencontrés
Demandez au cabinet de commenter un cas fictif mais représentatif : « J’encaisse des consultations, je facture une intervention mensuelle à une association et je prévois deux journées de formation. Comment organisez-vous la collecte et quelles questions posez-vous avant classement ? »
Une réponse solide commence par le contrat, l’objet de la prestation, le payeur et le justificatif. Elle ne promet pas un traitement unique parce que le client est psychologue. Elle prévoit aussi un signalement lorsqu’une nouvelle activité apparaît au lieu de découvrir le problème à la clôture.
3. Un calendrier qui évite la reprise annuelle d’urgence
Le calendrier doit préciser la fréquence de dépôt, la date de revue, le délai de correction et le moment où les décisions sont préparées. Pour une activité simple, une collecte mensuelle et une revue périodique peuvent suffire. Lorsque plusieurs établissements, conventions ou investissements sont concernés, le suivi doit être rapproché.
Demandez ce qu’il se passe si une pièce manque ou si le solde bancaire ne concorde pas : message automatique sans suivi, liste d’anomalies commentée ou rendez-vous ? L’intérêt du calendrier est de rendre les écarts visibles assez tôt pour les corriger.
4. Un interlocuteur dont le rôle est identifiable
Le nom commercial du cabinet ne dit pas qui suivra votre dossier. Identifiez la personne chargée de la collecte, celle qui révise les comptes et le professionnel responsable de la mission. Faites préciser le canal et le délai habituel pour une question, ainsi que la procédure lorsque l’interlocuteur est absent.
Vous pouvez également vérifier l’inscription du professionnel dans l’annuaire officiel de l’Ordre. L’Ordre rappelle que cet annuaire permet de contrôler que le prestataire est bien inscrit. Cette vérification ne préjuge pas de la qualité de la relation, mais elle écarte un risque élémentaire.
5. Des livrables compréhensibles par le psychologue
Un export comptable volumineux n’est pas un tableau de bord. Avant de signer, demandez un exemple anonymisé du document remis au client : recettes encaissées, dépenses significatives, trésorerie disponible, échéances et points à décider. Vérifiez aussi qui commente ces informations et à quelle fréquence.
Pour un cabinet en développement, les indicateurs peuvent inclure la répartition des recettes par type d’intervention, le coût fixe du local ou les investissements programmés. Ils ne doivent contenir aucune donnée clinique. L’objectif est d’éclairer une décision de gestion, pas de reconstituer le parcours des patients.
6. Une confidentialité organisée dès la collecte
La CNIL demande aux professionnels de santé libéraux de limiter l’accès aux données de santé aux seules personnes autorisées et aux informations nécessaires à leur mission. Elle exige aussi des mesures techniques et organisationnelles adaptées pour préserver confidentialité et intégrité. Lorsqu’un prestataire traite des données pour le professionnel, la CNIL demande de vérifier le niveau de sécurité et de conclure un contrat approprié.
Dans la relation comptable, appliquez une règle simple : une pièce destinée à justifier un encaissement ou une dépense ne doit pas embarquer un compte rendu clinique. Demandez au cabinet quelles informations il attend, comment les accès sont attribués et révoqués, et si l’outil garde une trace des actions. Un mot de passe partagé par courriel ou un dépôt de documents non maîtrisé doit conduire à revoir la procédure.
7. Des honoraires comparés à prestations égales
L’Ordre indique que les honoraires sont fixés librement avec le client et peuvent dépendre des diligences, du volume, de la difficulté du dossier et des frais exposés. Le « moins cher » n’est donc pas comparable si l’une des offres exclut les rendez-vous, les déclarations ou les questions inhabituelles.
Ramenez chaque proposition au même périmètre : reprise du dossier, tenue ou révision, déclarations, nombre de rendez-vous, tableau de bord, assistance en cas de contrôle, conseils hors forfait, paramétrage des outils et conditions de sortie. Notez aussi la règle d’indexation et le tarif d’un travail exceptionnel.
8. Une sortie et une restitution prévues à l’avance
La qualité d’un service se mesure aussi à sa réversibilité. La publication de l’Ordre sur la lettre de mission mentionne notamment sa durée ainsi que ses modalités de reconduction ou de rupture. À titre pratique, demandez en plus sous quel format vous récupérerez les données, combien de temps l’accès restera ouvert et comment seront traités les travaux en cours.
Cette question est utile même si vous ne prévoyez pas de changer. Elle révèle si l’organisation vous laisse propriétaire de vos documents et si la continuité du dossier dépend d’une seule personne ou d’un outil fermé.
Préparer le rendez-vous avec des documents non cliniques
Un premier entretien devient beaucoup plus précis avec un dossier court et structuré. Préparez, selon votre situation :
- la dernière déclaration de revenus professionnels et, le cas échéant, la 2035 ;
- un récapitulatif mensuel des recettes par grande nature ;
- les relevés du compte utilisé pour l’activité ;
- le bail et les conventions de mise à disposition ou de partage de frais ;
- la liste des investissements et projets des douze prochains mois ;
- les contrats d’intervention en institution, de formation ou de conseil ;
- un inventaire des outils utilisés, sans exporter les dossiers patients ;
- les questions restées sans réponse chez le prestataire précédent.
Masquez les données nominatives qui ne sont pas nécessaires à l’évaluation de la mission. Le cabinet pourra ensuite demander une pièce administrative précise si elle est utile, en expliquant sa finalité et son mode de transmission.
Tester le cabinet avec trois situations concrètes
Avant de vous engager, présentez trois changements possibles et observez la méthode de réponse.
Une intervention récurrente dans une institution
Le cabinet devrait demander la convention, la nature exacte de l’intervention, le bénéficiaire et le mode de facturation. Une réponse limitée à « vous êtes psychologue, donc c’est exonéré » ne traite ni les faits ni la finalité de la prestation.
L’arrivée d’un associé ou d’un partage de cabinet
Le cabinet devrait distinguer le partage matériel, les recettes encaissées par chacun, les dépenses communes et le projet juridique. Il ne devrait pas recommander une structure sur le seul montant de recettes. Si une analyse juridique ou fiscale individualisée est nécessaire, son périmètre doit être annoncé.
Un investissement important et une baisse temporaire d’activité
Le cabinet devrait demander le calendrier de paiement, la trésorerie disponible, le régime fiscal et la nature de l’équipement avant de chiffrer. La réponse utile met en évidence plusieurs scénarios et leurs hypothèses ; elle ne promet pas une « optimisation » sans calcul documenté.
Point de vigilance du cabinet
Le métier ne suffit jamais à qualifier une recette. Les consultations thérapeutiques, la formation, le conseil, les ateliers et les interventions en institution peuvent appeler des analyses différentes. Signalez toute nouvelle activité avant d’émettre les premières factures : contrat, bénéficiaire, finalité, prix et mode d’encaissement donnent au cabinet les éléments nécessaires pour sécuriser la réponse.
Pour replacer ces questions dans un accompagnement plus large, la page expert-comptable des professions de santé présente les principaux besoins du cluster santé.
Questions fréquentes
Un psychologue libéral doit-il obligatoirement prendre un expert-comptable ?
Le recours dépend notamment de l’organisation et du régime de l’activité ; cet article ne pose pas une obligation générale. L’intérêt d’un cabinet se mesure plutôt aux tâches réellement déléguées, aux contrôles, au temps économisé et aux décisions sécurisées. Faites préciser par écrit ce qui sera produit et ce qui restera sous votre responsabilité.
Le micro-BNC dispense-t-il de suivre ses recettes ?
Non. L’article 102 ter impose notamment de pouvoir présenter un document donnant le détail journalier des recettes professionnelles. Le micro-BNC simplifie le calcul fiscal par un abattement forfaitaire ; il ne dispense pas d’organiser ses encaissements, de conserver les justificatifs utiles et de suivre sa trésorerie.
Toutes les prestations d’un psychologue sont-elles exonérées de TVA ?
Non, l’exonération ne doit pas être étendue par principe à toutes les recettes. La doctrine vise les soins rendus dans les conditions prévues, notamment par un praticien autorisé à faire légalement usage du titre, et à finalité thérapeutique. Une activité de formation, de conseil ou une intervention institutionnelle doit être examinée séparément.
Comment savoir si un expert-comptable connaît vraiment les psychologues ?
Demandez-lui de traiter un cas anonymisé combinant consultations, institution et formation. Sa réponse doit commencer par les contrats et les flux, distinguer les questions fiscales, proposer une collecte sans données cliniques et aboutir à des livrables écrits. L’étiquette « spécialisé » ne remplace pas cette démonstration.
Quelles données patient transmettre au cabinet comptable ?
Uniquement celles qui sont nécessaires au besoin administratif et comptable défini. Un compte rendu clinique ou des notes de séance n’ont pas vocation à accompagner un justificatif d’encaissement. Convenez avec le cabinet des champs attendus, du canal sécurisé, des habilitations et de la durée de conservation.
Quand faut-il revoir la lettre de mission ?
Lors d’un changement de régime, d’une nouvelle activité, d’un projet d’association, d’un investissement significatif ou lorsque le volume d’anomalies augmente. Une revue annuelle du périmètre permet aussi de retirer les tâches devenues inutiles et d’ajouter les nouveaux contrôles avant qu’ils ne deviennent urgents.
Préparer un diagnostic comptable avec FIGITAL
Une proposition utile doit partir de vos flux, de vos contrats et des décisions à venir. Pour faire examiner votre organisation et recevoir un périmètre de mission explicite, demandez un devis à FIGITAL. Le diagnostic précisera les informations nécessaires, les travaux inclus et les sujets qui exigent une analyse individualisée.
Sources officielles consultées
- Article 92 du code général des impôts — bénéfices des professions non commerciales — Légifrance, version en vigueur consultée le 24 août 2026.
- Article 102 ter du code général des impôts — régime micro-BNC — Légifrance, version en vigueur consultée le 24 août 2026.
- Formulaire 2035-SD — revenus non commerciaux au régime de la déclaration contrôlée — impots.gouv.fr, millésime 2026 consulté le 24 août 2026.
- BOI-TVA-CHAMP-30-10-20-10 — professions médicales et paramédicales, psychologues et psychothérapeutes — BOFiP, version publiée le 9 avril 2025, consultée le 24 août 2026.
- RGPD et professionnels de santé libéraux — CNIL, consulté le 24 août 2026.
- FAQ : choisir un expert-comptable, honoraires et annuaire — Conseil national de l’Ordre des experts-comptables, consulté le 24 août 2026.
- Exigez une lettre de mission — Ordre des experts-comptables des Pays de la Loire, consulté le 24 août 2026.





