Comptabilité et obligations

La gestion de la production immobilisée, côté comptable

Temps de lecture
6 min
Publié le

Résumer cet article avec :

La gestion de la production immobilisée : un guide complet pour les comptables
Sommaire
Gérer la production immobilisée représente un défi primordial pour les cabinets d’expertise-comptable comme Figital Expertise. La bonne gestion des actifs immobilisés influe directement sur le bilan et les performances financières des entreprises. Ce guide offre une compréhension complète, des définitions aux calculs nécessaires pour intégrer correctement cette composante essentielle dans votre comptabilité.

Définition de la production immobilisée

Pour comprendre la production immobilisée, définissons d’abord ce concept. La production immobilisée correspond aux biens ou services produits par une entreprise pour sa propre utilisation. Cela inclut, par exemple, les constructions qu’une société réalise pour elle-même, les logiciels développés en interne ou encore les machines fabriquées à usage interne.

Exemples pratiques

  • Un entrepreneur dans la construction bâtissant son propre siège social.
  • Une entreprise informatique développant un logiciel servant à optimiser ses processus internes.
  • Une usine produisant des équipements utilisés exclusivement pour améliorer ses lignes de production.

Calcul de la valeur de la production immobilisée

Le calcul de la valeur de la production immobilisée doit refléter avec exactitude le coût réel de la création de l’actif. Plusieurs éléments doivent être pris en compte lorsqu’on évalue ce coût :

Éléments constitutifs du coût

Pour établir la valeur de la production immobilisée, il faut additionner plusieurs coûts :
  • Coûts directs : ceux-ci comprennent les matières premières, la main-d’œuvre directe, et tout autre coût directement attribuable à la production de l’actif.
  • Coûts indirects : les frais généraux de production tels que l’électricité utilisée dans les locaux où se déroule la fabrication de l’immobilisation sont aussi inclus.
  • Autres coûts pertinents : les frais financiers spécifiques liés au financement de la fabrication de l’immobilisation peuvent être ajoutés si ces coûts remplissent certaines conditions légales.

Estimation détaillée

Considérons une entreprise manufacturière développant une machine pour améliorer son processus de production interne. Pour calculer la valeur de cette machine immobile, additionnez tous les coûts directs (comme les pièces et la main-d’œuvre nécessaire), puis ajoutez une portion des coûts indirects comme l’électricité et les équipements partagés pendant le temps de production. Si cette entreprise a souscrit un prêt pour financer ce projet, les intérêts sur ce prêt pendant la période de création de l’immobilisation entrent également dans le calcul.

Comptabilisation de la production immobilisée

Une fois évaluée, il faut enregistrer la production immobilisée dans les comptes de l’entreprise. Ce processus est rigoureux et nécessite une bonne maîtrise des normes comptables.

Écriture comptable de base

Les dépenses engagées pour créer l’actif (matières, sous-traitance, salaires) restent enregistrées dans les comptes de charges par nature de la classe 6 : on ne les annule pas. Le coût de production de l’actif est inscrit au débit du compte d’immobilisation concerné (comptes 20 ou 21), ou du compte 23 « Immobilisations en cours » tant que le bien n’est pas achevé, par le crédit du compte 72 « Production immobilisée » : 721 pour une immobilisation incorporelle, 722 pour une immobilisation corporelle (PCG, art. 1222-72). Ce produit neutralise, dans le compte de résultat, les charges qui ont servi à créer l’actif. Exemple : une machine fabriquée en interne revient à 80 000 euros (50 000 euros de matières, 25 000 euros de main-d’œuvre, 5 000 euros de quote-part de frais). Écriture : débit du compte 2154 « Matériels industriels » pour 80 000 euros, crédit du compte 722 « Immobilisations corporelles » pour 80 000 euros. Les 80 000 euros de charges restent dans les comptes 60 et 64.

Étapes pour assurer la traçabilité

Figital Expertise recommande de suivre les étapes suivantes pour une parfaite traçabilité :
  • Identifier les coûts spécifiques  : séparez soigneusement chaque type de dépense impliqué dans la création de l’actif.
  • Préparer les documents justificatifs  : conservez toutes les factures, notes de frais, bons de commande afin de justifier chaque montant inscrit.
  • Réaliser une revue trimestrielle  : effectuer régulièrement des vérifications pour ajuster les montants prévisionnels et réels.

Suivre un projet sur plusieurs exercices : les immobilisations en cours

Lorsque la création d’un actif s’étale dans le temps, les coûts engagés à la clôture de l’exercice sont portés au compte 23 « Immobilisations en cours ». Ils y restent tant que le bien n’est pas achevé ; aucun amortissement n’est pratiqué à ce stade.

À la mise en service, le montant cumulé est viré au compte d’immobilisation définitif, corporel ou incorporel, et l’amortissement commence à partir de cette date.

Le cas d’un bâtiment construit pour l’entreprise

Pour un projet immobilier réalisé pour ses propres besoins, l’entreprise retient l’ensemble des coûts nécessaires à la construction :

  • les honoraires d’architecte et les frais annexes ;
  • les frais liés au permis de construire et aux autorisations ;
  • les coûts du chantier jusqu’à l’achèvement complet des travaux.

Un suivi analytique par projet, avec les pièces justificatives de chaque dépense, facilite à la fois l’évaluation de l’actif et les contrôles.

Impacts fiscaux de la production immobilisée

Les répercussions fiscales jouent un rôle vital dans la décision de produire en interne ou non. Une bonne gestion permet de maximiser les bénéfices fiscaux disponibles.

Amortissements et déductions fiscales

L’entreprise peut amortir certains coûts de la production immobilisée sur la durée de vie utile de cet actif. Cette procédure permet de répartir ces coûts sur plusieurs années, influençant favorablement le résultat fiscal chaque année.

Cas pratique : Analyse comparative

Imaginons deux sociétés : l’une produit en interne sa technologie logicielle tandis que l’autre externalise cette tâche. La première pourra amortir les coûts de développement en réduisant ses bases imposables sur plusieurs exercices. Par contre, la seconde ne bénéficiera que de déductions fiscales immédiates sans avantages pluriannuels significatifs.

Intégration dans les transactions de l’entreprise

Incorporer la production immobilisée dans plusieurs transactions potentielles demande des compétences avancées en comptabilité. Il s’agit d’évaluer comment cette intégration influe sur les autres opérations commerciales et investissements.

Mise en situation sur les archives de transactions

Prenons une entreprise manufacturière qui décide mid-année de commencer à produire ses équipements internes. Ses transactions antérieures devront être revues pour y incorporer les nouveaux éléments de production immobilisée, affectant ainsi les différents budgets et plans financiers déjà approuvés.

Impact financier global

La production immobilisée bien gérée offre un avantage concurrentiel considérable via une meilleure optimisation de ressources internes. Suivant un plan établi par Figital Expertise, obtenir une production immobilisée conduira potentiellement à une réduction perceptible sur les coûts totaux des projets futurs comparés aux alternatives externes.

Rentabilité et analyse des résultats

Analyser la rentabilité de la production immobilisée invoque des méthodes analytiques pointilleuses, cependant enrichissantes pour la vision stratégique de l’entreprise. Cela aide la direction à faire des choix éclairés pour l’avenir.

Méthodes d’analyse

Parmi les méthodes fréquemment utilisées, on trouve :
  • Analyse comparative : comparaison entre les coûts et les bénéfices de la production immobilisée versus ceux de l’achat sur le marché.
  • Analyse du retour sur investissement (ROI) : evaluation de combien chaque euro investi dans la production interne rapporte en termes de revenus ou d’économies réalisées.

Étude de cas

Supposons une entreprise ayant choisi de développer un logiciel de gestion en interne plutôt que d’acheter une solution prête à l’emploi. Pour savoir si ce choix est rentable, elle compare, sur la durée d’utilisation prévue, le coût de production immobilisé puis amorti avec le coût d’acquisition et de maintenance d’une solution du marché. Le résultat varie selon chaque projet : il n’existe pas de gain moyen applicable à toutes les entreprises. Bien gérer la production immobilisée s’avère nécessaire pour toutes entreprises cherchant à optimiser leurs ressources internes et à mieux contrôler leurs finances d’entreprise. Grâce à une planification stratégique et une mise en œuvre méticuleuse, celle-ci devient une opération génératrice de forte valeur ajoutée.
Jérémy Lagnado

Rédigé par

Jérémy Lagnado

Expert-comptable associé

Expert-comptable associé de Figital Expertise, inscrit à l'Ordre des experts-comptables de Paris Île-de-France. Gérant de Lagnado Expertise, société qui assure la direction générale de Figital Expertise. Fiscalité, création d'entreprise, patrimoine.

Ses références

EXCELLENT Google star 1Google star 2Google star 3Google star 4Google star 5

Demandez votre devis gratuit

Réponse entre 1 h et 24 h, sans engagement.

Vos données servent uniquement à vous recontacter. Politique de confidentialité

ou appelez le 01 46 22 89 08