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Frais et charges déductibles des impôts : liste complète à connaître

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Une dépense ne devient déductible que si un texte le prévoit, si elle a été payée dans l’année et si vous pouvez la prouver. Trois régimes cohabitent et ne se mélangent pas : les charges déductibles du revenu global du particulier, les frais professionnels du salarié, et les dépenses engagées par une entreprise ou un professionnel libéral. Le tableau plus bas donne, pour chaque famille, le fait générateur, la pièce à conserver et le motif de rejet le plus fréquent.

Table of Contents

En bref

  • Une charge n’est déductible du revenu global que si cinq conditions sont réunies : domicile fiscal en France, texte exprès, absence de double emploi, paiement dans l’année, justification.
  • Pension alimentaire à un enfant majeur non rattaché : 6 855 € pour les revenus 2025, doublés si l’enfant est marié, pacsé ou chargé de famille et que vous subvenez seul à ses besoins.
  • La garde d’un enfant de moins de six ans hors du domicile n’est pas une déduction : c’est un crédit d’impôt de 50 %, plafonné à 3 500 € de dépenses par enfant.
  • Salarié : la déduction forfaitaire de 10 % vaut 509 € au minimum et 14 555 € au maximum pour les revenus de 2025, déclarés en 2026. Au-delà de 40 km, la distance domicile-travail retenue est plafonnée.
  • Professionnel : au micro-BNC, aucune charge réelle ne se déduit, l’abattement de 34 % les remplace. Seuil de 83 600 €, apprécié sur l’année précédente ou l’avant-dernière.
  • Les amendes et pénalités ne sont jamais déductibles, y compris les majorations de retard et les contraventions réglées par l’entreprise.

Qu’est-ce qu’une charge déductible ?

Une charge déductible est une dépense que la loi autorise à retrancher d’un revenu avant le calcul de l’impôt. L’article 13 du Code général des impôts pose le principe : le revenu net imposable est l’excédent du revenu brut sur les dépenses engagées en vue de l’acquisition et de la conservation du revenu.

Ce principe ne crée à lui seul aucune déduction. Chaque déduction repose sur un texte propre, qui fixe le montant, la date et la preuve exigée. Deux dépenses aussi « professionnelles » l’une que l’autre peuvent donc recevoir un traitement opposé selon la catégorie de revenus concernée.

Les cinq conditions posées par l’administration

L’administration les énonce sur sa page consacrée aux conditions générales de déduction du revenu global. Une charge n’est déductible que si :

  1. votre domicile fiscal est situé en France, ou si vous y êtes assimilé ;
  2. la déduction est expressément prévue par la loi — sans texte, pas de déduction, même pour une dépense manifestement utile ;
  3. la charge n’a pas déjà été prise en compte dans un revenu catégoriel : salaires, revenus fonciers, bénéfices professionnels ;
  4. la dépense a été payée au cours de l’année d’imposition ;
  5. elle est justifiée.

Deux prolongements se voient rarement écrits. Ces charges ne peuvent pas créer de déficit : elles réduisent le revenu à hauteur de ce que vous avez perçu, pas au-delà. Et un particulier conserve ses justificatifs trois ans sans les joindre à sa déclaration, là où une entreprise les conserve six ans (article L102 B du livre des procédures fiscales), en original pour les factures d’achat ouvrant droit à déduction de TVA.

Déduction, réduction, crédit d’impôt : trois mécanismes qu’on confond

La confusion la plus coûteuse ne porte pas sur la liste des dépenses, mais sur l’endroit où elles agissent.

Une déduction s’impute sur le revenu imposable, avant le barème : son effet dépend de votre tranche marginale. Une réduction d’impôt s’impute sur l’impôt lui-même ; si vous n’êtes pas imposable, elle est perdue. Un crédit d’impôt s’impute aussi sur l’impôt, mais l’excédent vous est restitué : l’article 200 quater B du CGI le prévoit pour les frais de garde.

Une dépense classée dans la mauvaise catégorie ne se déclare pas dans la même case et ne produit pas le même résultat. Lorsqu’elle se situe à la limite de deux régimes, la faire arbitrer par notre cabinet d’expertise comptable à Paris 17e coûte moins cher qu’un redressement, et le sujet relève souvent de notre pôle fiscalité.

Les principales charges déductibles des impôts

Les articles 156 et 83 du CGI couvrent la majorité des situations rencontrées par un particulier. Voici les familles à examiner, avec les montants applicables aux revenus 2025, déclarés en 2026.

Un avertissement de méthode avant les chiffres : ces plafonds sont exprimés par année de revenus, jamais par année de déclaration. Une liste qui écrit « 6 674 € en 2024 » sans préciser laquelle des deux années elle désigne est inutilisable : l’écart représente deux millésimes de revalorisation.

Pensions alimentaires versées

Le 2 du II de l’article 156 du CGI rend déductibles les pensions alimentaires répondant aux conditions des articles 205 à 211, 367 et 767 du code civil. L’obligation alimentaire est le fondement : elle vise les ascendants et les descendants, jamais les collatéraux. Une aide versée à un frère ou à une sœur n’est pas déductible, quelle que soit sa réalité.

Pour un enfant majeur non rattaché à votre foyer fiscal, la déduction est limitée à 6 855 € par enfant pour les revenus 2025, et à 13 710 € si l’enfant est marié, pacsé ou chargé de famille et que vous subvenez seul à ses besoins. L’enfant doit déposer sa propre déclaration et y porter la pension reçue : la déduction chez l’un suppose l’imposition chez l’autre.

Lorsque l’enfant majeur vit sous votre toit toute l’année et manque de ressources, un forfait de 4 075 € est déductible sans justificatif au titre du logement et de la nourriture. Ce forfait est doublé si l’enfant est marié ou pacsé. Le montant exact du doublement diffère d’un euro entre les deux sources officielles consultées, nous ne le reproduisons donc pas. Tout mois commencé compte pour un mois entier. Au-delà du forfait, les dépenses réelles restent déductibles sur justificatifs, dans la limite globale de 6 855 €.

Le même forfait de 4 075 € vaut pour un ascendant hébergé sous votre toit et sans ressources suffisantes, dont l’état de besoin doit être établi, et pour une personne de plus de 75 ans recueillie sans lien de parenté, sous condition de ressources : 12 411,44 € pour une personne seule, 19 268,80 € pour un couple.

Deux points reviennent lors d’un contrôle fiscal. Le versement effectif doit être prouvé : un virement, pas une reconnaissance de dette. Et lorsqu’un juge a fixé le montant, vous ne pouvez pas déduire au-delà, sauf revalorisation prévue par la décision.

Aucun plafond applicable aux revenus 2026 n’est publié à ce jour : il ne le sera qu’avec la loi de finances pour 2027.

Frais de garde d’enfants et dépenses familiales

Cette dépense figure dans presque toutes les listes de charges déductibles. Elle n’en est pas une.

Les frais de garde d’un enfant de moins de six ans confié hors du domicile — assistant maternel agréé, crèche, halte-garderie, structure équivalente dans l’Union européenne — ouvrent droit à un crédit d’impôt de 50 % des dépenses effectivement supportées, en application de l’article 200 quater B du CGI. Les dépenses sont retenues dans la limite de 3 500 € par enfant à charge, soit 1 750 € de crédit au maximum, et de la moitié en garde alternée.

Trois précisions changent le calcul. Les frais de nourriture sont exclus de la base. Les aides reçues, de la CAF ou de l’employeur, se retranchent avant application du taux. Et l’excédent de crédit vous est restitué si votre impôt est inférieur : contrairement à une déduction, ce dispositif profite aussi aux foyers non imposables.

La garde au domicile relève d’un autre dispositif, avec ses propres conditions et son propre plafond : ne transposez pas les chiffres ci-dessus.

Frais professionnels, formations et déplacements

Un salarié bénéficie automatiquement d’une déduction forfaitaire de 10 % sur ses salaires. Pour les rémunérations perçues en 2025, elle vaut 509 € au minimum — sauf rémunération déclarée inférieure — et 14 555 € au maximum, par membre du foyer. Elle couvre les trajets domicile-travail, les repas pris au lieu de travail et la documentation personnelle.

Opter pour les frais réels signifie renoncer à ce forfait, individuellement, et justifier l’intégralité des dépenses. L’arbitrage est arithmétique : les frais réels ne se défendent que s’ils dépassent 10 % du salaire net imposable, ce qui arrive surtout sur les revenus modestes et les trajets longs.

Sur les déplacements, le barème kilométrique de la déclaration 2026 des revenus 2025 croise cinq tranches de puissance fiscale et trois tranches de distance. Pour une voiture de 5 CV parcourant jusqu’à 5 000 kilomètres, l’indemnité s’obtient en multipliant la distance par 0,636. Les véhicules électriques bénéficient d’une majoration de 20 %. Notre simulateur de frais kilométriques applique ce barème.

Deux limites sont régulièrement oubliées :

  • la règle des 40 km : au-delà de 40 kilomètres entre domicile et lieu de travail, la distance retenue est plafonnée à 40 kilomètres, sauf circonstances étrangères à une pure convenance personnelle : précarité de l’emploi, lieu de travail du conjoint, difficulté à trouver un emploi à proximité. Un seul aller-retour par jour est admis, sauf motif de santé, de garde ou d’horaires atypiques ;
  • ce que le barème ne couvre pas : il intègre l’amortissement, le carburant, l’assurance et les réparations, mais ni le stationnement, ni les péages, déductibles séparément sur justificatifs.

Sur les repas, un salarié aux frais réels ne déduit pas le prix du repas mais le surcoût : la différence entre le prix payé et la valeur du repas qu’il aurait pris chez lui, évaluée forfaitairement à 5,45 € pour les revenus 2025. L’aide de l’employeur, titres-restaurant compris, vient encore en diminution.

Les frais de formation restent déductibles lorsqu’ils présentent un lien direct avec l’emploi occupé (article 83 du CGI). Les dépenses de télétravail — équipement informatique, abonnement, mobilier — suivent la règle commune : justifiées, nécessaires, retenues pour leur seule quote-part professionnelle.

Intérêts d’emprunt et dépenses immobilières

Les charges déductibles des revenus fonciers sont limitativement énumérées par l’article 31 du CGI : intérêts d’emprunt, travaux d’entretien et de réparation, taxe foncière, primes d’assurance, frais de gestion, provisions pour charges de copropriété.

Le déficit qui en résulte obéit à une règle en deux temps. La fraction provenant des dépenses autres que les intérêts d’emprunt s’impute sur le revenu global dans la limite annuelle de 10 700 €, portée à 15 300 € pour un logement bénéficiant de la déduction Périssol ou Cosse. La fraction provenant des intérêts ne s’impute que sur les revenus fonciers des dix années suivantes.

Le choix du régime commande le reste. Au micro-foncier, aucune charge réelle n’est déductible et aucun déficit ne peut être constaté : l’abattement de 30 % est réputé couvrir l’ensemble des charges de la propriété. Un propriétaire qui engage des travaux importants et reste au micro-foncier perd la totalité de leur effet fiscal.

Enfin, la résidence principale. L’article 31 ne vise que les immeubles dont les revenus sont imposés dans la catégorie des revenus fonciers, c’est-à-dire donnés en location. Un emprunt souscrit pour votre logement ne remplit donc pas la condition de déduction expressément prévue par la loi, rappelée plus haut.

Dépenses des entreprises et indépendants : quelles spécificités ?

Le passage du particulier au professionnel change la question. Elle ne devient pas « cette dépense figure-t-elle sur une liste », mais « cette dépense est-elle nécessitée par l’exercice de l’activité, et puis-je le montrer ».

Deux textes structurent le champ. En BIC et à l’impôt sur les sociétés, l’article 39 du CGI énonce que le bénéfice net est établi sous déduction de toutes charges, dont les frais généraux de toute nature, les dépenses de personnel et le loyer des immeubles loués par l’entreprise. En BNC, l’article 93 définit le bénéfice comme l’excédent des recettes totales sur les dépenses nécessitées par l’exercice de la profession. S’y ajoute l’article 154 bis, qui admet en déduction les cotisations sociales obligatoires de l’exploitant.

Une condition préalable domine les autres : le régime réel. Au micro-BNC — seuil de 83 600 €, apprécié sur l’année précédente ou l’avant-dernière — un professionnel libéral ne déduit rien de ce qui suit : son abattement de 34 % couvre tout, y compris un exercice où ses frais réels dépassent largement ce taux. Les seuils du micro-BIC s’établissent à 203 100 € pour la vente de marchandises et l’hébergement, et à 83 600 € pour les prestations de services.

Achat de matières premières/produits

Dans le secteur marchand, l’achat de matières premières ou de produits destinés à la revente constitue le premier poste de charges. Sa mécanique est particulière : l’achat n’affecte le résultat qu’à hauteur de ce qui a été consommé ou vendu dans l’exercice, et c’est l’inventaire annuel qui opère la correction.

Le stock non écoulé à la clôture n’est pas une charge : il figure à l’actif. Une entreprise qui achète massivement en décembre pour « faire baisser le résultat » ne baisse rien : elle transforme de la trésorerie en stock.

Primes d’assurance professionnelles et autres frais annexes

Les primes d’assurance souscrites dans l’intérêt de l’exploitation sont déductibles : responsabilité civile professionnelle, garantie décennale, local et son contenu, perte d’exploitation. Le critère est constant : la couverture doit protéger l’activité, pas le patrimoine privé.

S’y ajoutent les frais généraux courants : postaux, téléphonie, fournitures, honoraires, publicité, abonnements. Deux d’entre eux ont un régime propre :

  • les cadeaux d’affaires. La TVA supportée n’est déductible que si la valeur unitaire du bien n’excède pas 73 € TTC par objet, par an et pour un même bénéficiaire, montant réévalué tous les cinq ans sur l’indice des prix hors tabac. La déductibilité de la TVA ne préjuge pas de celle de la charge elle-même ;
  • le relevé détaillé de frais généraux. Certaines dépenses doivent y figurer au-delà d’un seuil : 3 000 € pour les cadeaux et 6 100 € pour les frais de réception, de représentation et de spectacles. Il se dépose sur le formulaire 2067-SD pour les sociétés, 2031 bis-SD pour les entrepreneurs individuels.

Dernier point pour les professionnels en franchise en base de TVA, seuils inchangés en 2026 : 85 000 € et 93 500 € pour les livraisons de biens, 37 500 € et 41 250 € pour les prestations de services. En franchise, la TVA d’amont n’est pas récupérable : vos charges se comptabilisent TTC, ce qui change le calcul de rentabilité de tout investissement.

En BNC, c’est la date de paiement qui commande

La différence de fait générateur entre BIC et BNC produit plus d’erreurs de déclaration que n’importe quelle question de liste.

En BNC, le bénéfice se détermine par principe en comptabilité de trésorerie : une dépense se déduit l’année de son paiement effectif, pas l’année de la facture. Une facture d’honoraires reçue le 20 décembre 2026 et réglée le 4 janvier 2027 se déduit sur 2027. L’option pour les créances acquises et les dettes engagées, prévue à l’article 93 A du CGI, inverse cette règle. Encore faut-il l’avoir exercée. En BIC et à l’IS, la charge se rattache au contraire à l’exercice au cours duquel elle est engagée, indépendamment du règlement.

Un professionnel libéral en BNC qui veut qu’une dépense pèse sur l’exercice en cours doit donc la payer avant le 31 décembre, pas seulement la commander. Un commerçant en BIC, lui, raisonne sur la date de livraison ou d’exécution. Nous détaillons ce calendrier dans notre article sur les dates qui comptent avant le 31 décembre, et le cas des praticiens dans celui consacré aux charges déductibles d’un médecin.

Un mot sur le statut. Depuis le 15 mai 2022, le statut unique de l’entrepreneur individuel sépare de plein droit le patrimoine professionnel du patrimoine personnel, et l’EIRL a été supprimée pour l’avenir. Cette séparation ne dispense pas de justifier l’affectation professionnelle d’une dépense : elle protège vos biens, elle ne qualifie pas vos charges.

Véhicule, repas, petit matériel : les trois plafonds à connaître

Trois postes concentrent les rappels d’impôt, parce qu’ils paraissent libres et ne le sont pas.

Le véhicule. L’amortissement d’un véhicule de tourisme n’est déductible que dans la limite d’un plafond fixé au 4 de l’article 39 du CGI, variable selon les émissions de CO₂ : 30 000 € en dessous de 20 g/km, 20 300 € entre 20 et 50 g/km, 9 900 € pour les plus émetteurs. Un quatrième plafond de 18 300 € existe ; la tranche qui lui correspond dépend du dispositif d’immatriculation et de la date d’acquisition, et nous préférons vous renvoyer au texte plutôt que de reconstituer une grille approximative. La fraction excédentaire est réintégrée au résultat.

Les repas. Pour 2026, la valeur du repas pris au domicile est fixée à 5,50 € TTC et la limite d’exonération des indemnités pour frais de repas à 21,40 € TTC. Le montant déductible des frais supplémentaires est l’écart entre les deux, soit 15,90 € au maximum par repas. Au-delà de 21,40 €, la déduction intégrale suppose des circonstances exceptionnelles justifiées. Ces valeurs sont celles de l’exercice 2026, déclaré en 2027 : ne les confondez pas avec les 5,45 € des revenus 2025 des salariés.

Le petit matériel. Les 500 € HT dont tout le monde parle ne sont pas un seuil légal d’immobilisation : c’est une tolérance administrative, qui autorise à comptabiliser directement en charges le matériel, l’outillage et le mobilier de bureau dont la valeur unitaire hors taxes n’excède pas 500 €. Deux exclusions la limitent : ni l’équipement initial en mobilier d’un local, ni son renouvellement complet, même si chaque élément vaut moins de 500 €. Et le dépassement s’apprécie sur le prix global de l’ensemble des éléments composant un même matériel.

L’avis de l’expert

Notre arbitrage tient en une ligne : une dépense dont l’usage professionnel se démontre par une pièce datée se passe en charge ; une dépense dont l’usage professionnel se raconte se laisse de côté, ou se ventile en quote-part.

Le coût d’une déduction refusée n’est jamais le seul montant réintégré : il faut y ajouter l’intérêt de retard et le temps passé à reconstituer trois ou six ans de pièces. Sur un poste mixte — véhicule, téléphone, local partiellement professionnel — mieux vaut une clé de répartition écrite et constante qu’un pourcentage décidé après coup.

Figital Expertise, cabinet d’expertise comptable inscrit à l’Ordre, Paris 17e

Ce qui ne passe jamais, quel que soit le régime

Quatre familles de dépenses sont exclues par principe. Aucune justification ne les rattrape.

Les amendes et pénalités. Le 2 de l’article 39 du CGI est catégorique : les sanctions pécuniaires et pénalités de toute nature mises à la charge des contrevenants à des obligations légales ne sont pas admises en déduction. Cela vise les majorations de retard fiscales et sociales comme les contraventions réglées par l’entreprise.

Les dépenses somptuaires. Le 4 du même article exclut les dépenses de chasse et de pêche non professionnelles, celles afférentes aux résidences de plaisance et celles relatives aux yachts et bateaux de plaisance. Une exception existe lorsque l’entreprise justifie que ces dépenses sont nécessaires à son activité en raison même de son objet ; elle suppose une note explicative accompagnée de justificatifs.

Les dépenses personnelles. Une dépense qui profite au dirigeant en dehors de l’activité n’est pas une charge, quelle que soit la manière dont elle est comptabilisée. Sur un poste mixte, seule la quote-part professionnelle est déductible, et elle doit reposer sur une méthode traçable.

Ce qui n’existe plus. Le régime des organismes de gestion agréés est supprimé depuis le 16 février 2025. La majoration du bénéfice en l’absence d’adhésion est abrogée, et la réduction d’impôt de l’article 199 quater B ne vaut plus que pour les exercices clos au plus tard le 31 décembre 2024. Une liste qui présente encore l’adhésion à un OGA comme une condition ou un avantage n’a pas été mise à jour.

Récapitulatif des charges déductibles : tableau pratique

Les listes disponibles en ligne s’arrêtent à la nature de la dépense. Ce que l’on cherche au moment de décider tient en trois colonnes de plus : quand la dépense se déduit, quelle pièce il faut avoir gardée, et ce qui la fait rejeter.

Dépense Fait générateur de la déduction Pièce à conserver Ce qui la fait rejeter Texte
Pension à un enfant majeur Versement effectif dans l’année, plafond 6 855 € (revenus 2025) Virement + déclaration de la pension par l’enfant Enfant rattaché ; montant supérieur à celui fixé par le juge ; aide à un collatéral CGI art. 156, II, 2
Ascendant hébergé sous son toit Année d’hébergement, forfait de 4 075 € sans justificatif Preuve de l’état de besoin État de besoin non établi ; ressources suffisantes CGI art. 156, II, 2
Garde d’un enfant de moins de 6 ans Crédit d’impôt, pas déduction : 50 %, plafond 3 500 €/enfant Facture de la structure ou de l’assistant maternel Nourriture incluse dans la base ; aides CAF ou employeur non retranchées ; garde au domicile CGI art. 200 quater B
Frais réels du salarié Dépenses payées dans l’année, forfait de 10 % abandonné Justificatifs conservés 3 ans, non joints Total inférieur au forfait ; dépenses déjà remboursées CGI art. 83
Trajets domicile-travail au barème Kilomètres réellement parcourus Justificatif de distance, carte grise, attestation d’employeur Plus de 40 km sans circonstance particulière ; plus d’un aller-retour par jour Barème DGFiP 2026
Stationnement et péages Dépenses payées dans l’année, en sus du barème Tickets et relevés de badge Comptés deux fois, en croyant le barème incomplet impots.gouv.fr, Frais de transport
Repas du salarié aux frais réels Surcoût par rapport au repas au domicile (5,45 € en 2025) Notes + justificatif d’éloignement Prix du repas déduit en totalité ; aide de l’employeur non retranchée impots.gouv.fr, Frais de repas
Repas supplémentaires en BNC Écart entre 21,40 € et 5,50 € en 2026, soit 15,90 € au plus Notes datées + preuve d’éloignement Dépassement de 21,40 € sans circonstance exceptionnelle BOI-BNC-BASE-40-60-60
Charges foncières au réel Dépenses payées dans l’année ; déficit imputable jusqu’à 10 700 € hors intérêts Factures, avis de taxe foncière, appels de charges Micro-foncier choisi ; travaux de construction ou d’agrandissement CGI art. 31
Achats de marchandises Consommation ou vente de l’exercice, corrigée par l’inventaire Factures fournisseurs + état d’inventaire Achat de décembre resté en stock CGI art. 39, 1
Dépense professionnelle en BNC Paiement effectif, sauf option art. 93 A Facture au nom du professionnel + preuve de paiement datée Facture non payée au 31 décembre ; dépense au micro-BNC CGI art. 93, 1
Petit matériel jusqu’à 500 € HT Charge immédiate par tolérance administrative Facture unitaire Équipement initial d’un local ; renouvellement complet du mobilier ; ensemble dépassant 500 € BOI-BIC-CHG-20-30-10
Véhicule de tourisme Amortissement étalé, plafonné selon les émissions de CO₂ Facture + certificat d’immatriculation Fraction du prix supérieure au plafond CGI art. 39, 4
Cadeaux d’affaires Remise dans l’exercice ; TVA déductible jusqu’à 73 € TTC par bénéficiaire et par an Facture + identité du bénéficiaire Valeur unitaire au-delà de 73 € TTC ; total au-delà de 3 000 € non porté au relevé CGI ann. IV art. 28-00 A
Cotisations sociales obligatoires Appels réglés selon le régime applicable Avis d’appel et preuves de paiement Cotisations facultatives traitées comme obligatoires CGI art. 154 bis
Amendes, pénalités, dépenses somptuaires Aucun : exclusion de principe Toute tentative de déduction CGI art. 39, 2 et 39, 4

Le test en quatre questions avant de passer une dépense

Ce test ne remplace pas le tableau : il en donne l’ordre d’application. Une réponse négative arrête l’examen.

  1. Quel texte l’autorise ? Une disposition expresse pour un particulier ; le rattachement à l’activité au sens de l’article 39 ou de l’article 93 pour un professionnel. Si vous ne savez pas nommer le fondement, il n’y a probablement pas de déduction.
  2. Suis-je au régime réel ? Au micro-BNC, au micro-BIC et au micro-foncier, la question s’arrête ici.
  3. La dépense est-elle rattachée au bon exercice ? Paiement effectif en BNC et pour le revenu global, engagement en BIC et à l’IS, consommation pour les stocks.
  4. Puis-je le prouver dans trois ans, ou dans six ? Une pièce au bon nom, datée, avec la preuve de son règlement. Si la dépense est mixte, ajoutez la clé de répartition écrite : c’est elle qui sera discutée, pas la facture.

L’avis de l’expert

Le réflexe de fin d’année consistant à « sortir des charges » avant la clôture se retourne plus souvent qu’il ne rapporte. Acheter du stock en décembre ne réduit pas le résultat ; commander sans payer ne réduit rien en BNC ; régler d’avance une prestation exécutée l’année suivante expose à une réintégration.

Les seules décisions de fin d’exercice qui tiennent sont celles qui auraient été prises de toute façon, avancées de quelques semaines pour des raisons de trésorerie. Le reste relève de l’arbitrage de régime — micro ou réel, franchise ou TVA — et se décide au début de l’exercice.

Figital Expertise, cabinet d’expertise comptable inscrit à l’Ordre, Paris 17e

Questions fréquentes sur les frais et charges déductibles

Quels frais professionnels peut-on réellement déduire en tant que salarié ?

Un salarié peut opter pour les frais réels s’ils dépassent la déduction forfaitaire de 10 %, comprise entre 509 € et 14 555 € pour les revenus 2025. Entrent alors en compte les trajets au barème kilométrique, le stationnement et les péages qui s’y ajoutent, le surcoût des repas pris hors du domicile, le matériel lié à l’activité et la formation en lien direct avec l’emploi. L’option est individuelle, elle porte sur l’ensemble des dépenses, et les justificatifs se conservent trois ans.

Quelles sont les limites de la déduction pour les pensions alimentaires ?

Pour les revenus 2025 : 6 855 € par enfant majeur non rattaché, porté à 13 710 € lorsque l’enfant est marié, pacsé ou chargé de famille et que vous subvenez seul à ses besoins. Si l’enfant vit sous votre toit, un forfait de 4 075 € se déduit sans justificatif, doublé s’il est marié ou pacsé, le même forfait valant pour un ascendant hébergé sans ressources suffisantes. Une pension fixée par un juge ne peut pas être dépassée, et l’enfant doit déclarer la somme reçue.

Quelles sont les charges spécifiques déductibles pour une entreprise ou un indépendant ?

Au régime réel : achats consommés dans l’exercice, loyers professionnels, primes d’assurance souscrites dans l’intérêt de l’exploitation, salaires et charges sociales, honoraires, cotisations sociales obligatoires de l’exploitant, déplacements, petit matériel jusqu’à 500 € HT par tolérance, amortissements dans la limite des plafonds. Le critère commun est la nécessité pour l’activité, prouvée par une pièce au nom du professionnel. Au micro-BNC comme au micro-BIC, aucune de ces charges ne se déduit.

Peut-on déduire les intérêts d’emprunt pour l’achat de sa résidence principale ?

Non. L’article 31 du CGI n’ouvre la déduction des intérêts d’emprunt qu’aux immeubles donnés en location, dont les revenus sont imposés en revenus fonciers. Un emprunt souscrit pour votre propre logement ne remplit pas la condition de déduction expressément prévue par la loi. Pour un investissement locatif au régime réel, en revanche, les intérêts sont déductibles ; le déficit qu’ils génèrent ne s’impute que sur les revenus fonciers des dix années suivantes.

Que peut-on déduire des impôts sans justificatif ?

Très peu de choses, et elles sont nommées. Le forfait de 4 075 € pour un enfant majeur ou un ascendant hébergé sous votre toit se déduit sans justifier des dépenses réelles, mais l’état de besoin de la personne aidée doit être établi. La déduction forfaitaire de 10 % s’applique automatiquement, sans aucune pièce. Le barème kilométrique dispense de justifier chaque dépense du véhicule, pas la réalité des kilomètres. Hors de ces cas, une charge non justifiée n’est pas déductible.

Comment savoir si une charge est déductible ?

Posez les quatre questions du test ci-dessus, dans l’ordre : quel texte l’autorise, suis-je au régime réel, la dépense se rattache-t-elle au bon exercice, puis-je la prouver. Une charge déductible du revenu global suppose en plus les cinq conditions de l’administration. Et si la dépense se situe entre usage privé et usage professionnel, la bonne réponse est rarement « oui » ou « non » : c’est une quote-part, documentée par une clé de répartition constante.

Combien de temps faut-il conserver ses justificatifs ?

Trois ans pour un particulier, qui ne les joint pas à sa déclaration mais doit pouvoir les produire sur demande. Six ans pour une entreprise (article L102 B du livre des procédures fiscales), le délai courant à compter de la dernière opération mentionnée sur les livres ou de la date d’établissement de la pièce. Les factures d’achat ouvrant droit à déduction de TVA se conservent en original. Une pièce perdue ne se remplace pas par une écriture : c’est la pièce qui prouve, pas le journal.

Ce qu’il reste à vérifier avant votre prochaine déclaration

Trois vérifications de quelques minutes évitent la plupart des rappels.

Reprenez d’abord vos postes mixtes — véhicule, téléphone, local, matériel informatique — et écrivez la clé de répartition que vous appliquez, avec sa justification. Une clé écrite en amont se discute ; une clé reconstituée après un contrôle se subit.

Vérifiez ensuite vos dates de paiement si vous êtes en BNC. Les factures reçues en décembre et réglées en janvier basculent sur l’exercice suivant, et c’est en fin d’année qu’il faut le savoir, pas en avril.

Contrôlez enfin le millésime de chaque montant repris d’une source extérieure. Les plafonds de cette page valent pour l’imposition des revenus 2025 déclarés en 2026, sauf les valeurs de repas des professionnels, qui sont celles de l’exercice 2026.

Si un arbitrage vous retient — quote-part d’un véhicule, statut d’une dépense de local, choix entre micro et réel — il se traite en amont de la clôture, pas au moment de la déclaration. Exposez-nous votre situation : Figital Expertise, expertise comptable à Paris 17e.

Sources officielles consultées

Contenu vérifié le 26 août 2026 ; chaque montant a été relevé sur sa source à cette date. Les montants « revenus 2025 » valent pour la déclaration déposée en 2026 ; ceux donnés « pour 2026 » concernent l’exercice en cours des professionnels, déclaré en 2027.

  • Légifrance — CGI articles 13, 31, 39, 83, 93, 154 bis, 156 et 200 quater B ; CGI annexe IV article 28-00 A ; LPF article L102 B ; loi n° 2025-127 du 14 février 2025, article 11.
  • impots.gouv.fr — Conditions générales de déduction ; aide aux enfants majeurs ; aide aux parents ; déduction forfaitaire de 10 % ; frais de transport ; frais de repas.
  • service-public.gouv.fr — fiches F2, F8 et F1989 ; actualité A14686 sur les barèmes kilométriques 2026 ; volet entreprises, fiches F21746, F23267, F32105 et F32919.
  • BOFiP — BOI-BNC-BASE-40-60-60 du 18 février 2026 ; BOI-BIC-CHG-20-30-10 ; BOI-BIC-CHG-30-10 ; BOI-BIC-CHG-40-60-10 du 16 avril 2025 ; BOI-BIC-AMT-20-40-50 ; BOI-RFPI-BASE-30-20 du 16 septembre 2025 ; BOI-TVA-DED-30-30-50 ; BOI-CF-COM-10-10-30.

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